La formation SSIAP se termine toujours par un examen, et c’est souvent la partie la plus mal préparée par les candidats. Non pas faute de travail, mais parce que les règles du jeu sont écrites dans un texte que presque personne n’ouvre : l’arrêté du 2 mai 2005 modifié. Voici ce qu’il prévoit réellement, du dépôt du dossier jusqu’au cas de l’échec.
L’examen est organisé par le centre, mais validé par un jury extérieur
C’est le centre de formation agréé qui organise l’examen de ses propres candidats. Deux mois au moins avant la date prévue, son responsable dépose un dossier auprès du président du jury : la date proposée, les jurés pressentis avec leur accord écrit, le site retenu et le planning détaillé de la session, séquence par séquence, avec le nom et la qualification du formateur de chaque séquence.
Le jury, lui, ne dépend pas du centre. Il est présidé par le directeur départemental des services d’incendie et de secours du département où se déroule l’examen, ou par son représentant titulaire du brevet de prévention ou de l’unité de valeur PRV 2, à jour de recyclage. À Paris et à Marseille, la présidence revient respectivement au général commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et à l’amiral commandant le bataillon de marins-pompiers.
Au niveau 1, le jury comprend en outre un chef de service de sécurité incendie en fonction hiérarchique dans un établissement recevant du public ou un immeuble de grande hauteur. Aux niveaux 2 et 3, ils sont deux, dont l’un au moins en poste dans un établissement recevant du public. Le formateur du candidat peut assister aux épreuves, mais il n’y prend aucune part.
Un site équipé, pas une salle de cours
Le dossier doit désigner un site disposant des matériels et équipements nécessaires, et il doit être accompagné de l’engagement écrit du propriétaire ou de l’exploitant : mise à disposition des locaux, et autorisation de manipuler les installations techniques de sécurité pour l’épreuve pratique. C’est une contrainte lourde pour les centres, et c’est précisément ce qui distingue un examen SSIAP d’un simple contrôle de connaissances.
Trois natures d’épreuves
Le texte est explicite sur ce qui est évalué, puisqu’il impose de le consigner : le bilan de l’épreuve QCM, celui des épreuves écrites pour le SSIAP 3, et les conditions dans lesquelles un candidat est déclaré inapte à l’épreuve pratique. Autrement dit, un candidat peut parfaitement réussir la partie écrite et échouer sur le terrain, et l’inverse est tout aussi vrai.
En cas d’échec, une fiche que l’on ne peut pas perdre
C’est le point le moins connu, et le plus lourd de conséquences. Pour chaque candidat non certifié, une fiche individuelle d’examen est annexée au procès-verbal. Elle est remise au candidat par le centre agréé, qui en conserve une copie pendant cinq ans. Sans présentation de cette fiche, le candidat ne peut pas se présenter à un nouvel examen. Un échec mal documenté peut donc bloquer une seconde tentative.
Le diplôme n’est pas un acquis définitif
Une fois certifié, le personnel en exercice se soumet à un recyclage triennal en sécurité incendie, et à un recyclage secourisme tous les deux ans, au plus tard le jour de la date anniversaire. Deux situations imposent une remise à niveau avant de reprendre un poste : avoir dépassé la date limite de recyclage, ou ne pas justifier d’au moins 1 607 heures d’activité au cours des trente-six derniers mois. Les formateurs des centres agréés sont soumis aux mêmes obligations que les personnels en exercice.
Préparer la partie écrite, sans attendre la veille
La partie pratique se joue en formation, sur le plateau technique et lors des mises en situation. La partie écrite, elle, se travaille en amont et par répétition, thème par thème : désenfumage, système de sécurité incendie, classement des établissements, commission de sécurité, conduite à tenir. Un candidat qui découvre le format des questions le jour de l’examen perd des points sur des sujets qu’il maîtrisait. S’entraîner régulièrement, avec correction immédiate, reste la méthode la plus économique pour sécuriser cette épreuve : il existe pour cela des banques de questions gratuites permettant de s’entraîner au QCM SSIAP par niveau et par thème.
Dernier repère utile : le diplôme est réalisé par le centre agréé, proposé à la signature du représentant du service d’incendie du lieu de formation ou d’examen, puis adressé au service d’incendie et de secours compétent dans un délai maximal d’un mois après l’examen. Un centre sérieux annonce ce délai à ses stagiaires, plutôt que de le laisser deviner.



